Appel à dons poétiques

Cette page est interactive et s’adresse à toute personne de Lyon, ou d’ailleurs.

APPELS à DONS POETIQUES  est une invitation à déceler dans la ville, ces micro-histoires intimes qui surgissent parfois dans le quotidien. Personnages dans la ville, micro-récit, bribe de conversation, citation sur un support urbain…..
Appel à dons poétiques est une (en)quête publique d’instantanés poétiques, décalés, drôles, révoltants ou émouvants.

Vous souhaitez participer :
Par mail : envoyez nous vos témoignages textes, enregistrements, vidéos, photos  à l’adresse suivante : cieacte@compagnie-acte.fr.
Sur ce blog : en déposant vos témoignages sur les commentaires de cette page
Par téléphone : laisser un message / SMS / MMS… : au 06-12-52-64-52
Vous pouvez aussi les poster, nous les apporter, venir nous les raconter à : Cie Acte 43 rue des Hérideaux 69008 Lyon

27 JANVIER 2014 \ DANIEL CABRERE \ LYON \ Roman de gare

Je suis arrivé par le TGV 6629 arrivant de Paris à 20h56. 
Un peu triste, un peu seul. 
La gare était vide.
Paul  aussi était  fermé.
Pas de  chouquettes pour attendre la correspondance.
Je déambule.

Personne n’attend sous les horaires.
Personne ne court après personne.
Personne ne prend l’escalator.
Personne devant la billetterie.
Personne dans la salle d’attente.
Pas un air de musique.
Pas de journeaux.
J’aimerais un regard descendant l’escalier C.
Un regard cherchant encore la vie, là, dans une gare.
Un regard que la foule contournerait en maugréant.
Un regard qui aurait existé ?
Pas sûr.
Mais que j’aurais pu attendre?
Sans doute.
J’ai un peu faim.
Rêver donnerait il faim d’envies?
Le rêve s’arrête à 21h20.
Ma correspondance est sur le quai K.
Maintenant j’ai faim.
Le rêve a ouvert mon appétit. 
Daniel. 

9 JANVIER 2014 \ JACKY LATOUR \ LYON \ témoin d’expérience
La gare de la Part Dieu, de St Charles ou de Paris toutes les gares sont pour moi un lieu d’angoisses.
J’y ai rarement eu des joies mais ce soir avec les complices je ne regardais pas les gens avec leurs valises, leurs regards égarés mais ces deux personnages rouge et rose qui détonnaient discrètement par rapport au gris, noir  de la foule emmitouflée.
Peu de couleur ci ce n’est les bonnets, les écharpes.
Et tout d’un coup sur un quai quelqu’un court comme un fou et sur l’autre, juste en face fait la même chose. 
Etrange, étrange. Que se passe t-il ?
Un film, la télévision, non ils ont un rendez-vous, il s’est trompé de quai ? 
Les passagers qui attendent quotidiennement leurs trains se posent aussi des questions :
Ce couple ne va pas nous faire rater notre train ? Ce jeune garçon affolé ne va-t-il pas se suicider.
Quelque chose se passe, dérange.
Enfin le train arrive, tout le monde se précipite dans les wagons.
Comment se fait-il que ce soir quelques individus restent sur le quai ?
En tant que complices j’ai pu vivre pleinement ce moment.
J’ai vu une gare plus vivante, accueillante.
Jacky
27 NOVEMBRE 2013 \ DANIEL CABRERE \ LYON \ Sourire

Il est 12h30 devant les Halles de Lyon. Une jeune femme marche dans ma direction.Plus elle s’approche, plus elle sourit. Je ne pense pas la connaître.Elle sourie toujours , elle est sereine et sûre d’elle.Je me mets à sourire aussi, et si je la connaissais? Et si je ne la reconnaissais pas? Ça arrive.
Maintenant ses yeux sont au fond des miens.Et ça sourit toujours avec le regard en plus. J’ébauche un petit geste de la main, elle aussi.Je m’arrête, elle me dépasse ,tourne légèrement la tête vers moi sans s’arrêter de sourire. Je me retourne ,elle est dans les bras d’un homme qui la fait tourner. Au passage elle me fait un clin d’œil.Elle agite encore sa main vers moi.
Ça m’a suffit pour me rendre heureux et imaginer.

22 NOVEMBRE 2013 \ MARIE AGNES PERREL \ OULLLINS

….des sans papiers à Oullins, un camp de réfugiés qu’il faut installer, mesure du plan froid!
c’est le préfet qui l’a dit!
Une pétition qui circule et s’affiche dans les magasins, NON des associations, des citoyens qui se mobilisent honteuses de donner cette image de rejet de leur ville.
Et dimanche matin je vois de ma voiture, juste avant l’entrée du tunnel de Fourvière direction Paris, sur ma gauche, entre 2 bretelles d’autoroute un fil d’étendage qui émerge, avec des vêtements comme un drapeau SOS lancé par ceux qui sont dessous……..invisibles!?

20 NOVEMBRE 2013 \ DANIEL CABRERE \ LYON

Tout est calme, j’ai faim, il est un peu tard. Je suis  attablé pour déjeuner rapidement d’une boite  de nouilles à la terrasse d’un petit restaurant de la rue Eugène Déruelle, il fait beau en ce début d’après-midi d’octobre.
De l’autre côté de la rue une station en libre-service de velib. Un homme jeune, brun, en chemise blanche, vêtu d’un jean de couleur foncé est devant la borne. Il sort de sa poche une carte de crédit. Il lit en s’aidant de son doigt le mode d’emploi. En même temps il regarde à gauche et à droite, il porte des lunettes a monture ronde, ses cheveux sous ce soleil bas  sont brillants, drus, raides, il est d’origine asiatique .
Une jeune femme s’approche de la borne, cheveux blonds relevés en un chignon élégant et fouillis retenu par des pinces. J’aime bien ces coiffures qui dégagent la nuque, celle-ci a un joli port de tête.
Elle porte des lunettes de soleil genre Ray Ban à monture épaisse. Son jean très étroit, très délavé laisse deviner une belle silhouette, plantée dans des bottes cavalière. Un pull noir est noué sur ses épaules, elle porte une besace en bandoulière. Elle semble pressée d’accéder à la borne toujours monopolisée par l’asiatique qui continue de laisser courir son index sur le mode d’emploi en se grattant la tête
Elle rit toujours, repoussant ses lunettes sur son front. Elle prend la carte de crédit élégamment entre le pouce et l’index et à son tour suit le mode d’emploi à l’aide de la carte. Très attentif, hochant continuellement la tête, il approuve. Elle lui rend sa carte qu’il introduit dans la machine, je pense qu’il tape son code avec sa carte de crédit. A  cette distance je ne peux dire qui interpelle l’autre, mais  ils rient ensemble. Impossible d’entendre bien sûr quelle langue ils parlent, je pense que c’est anglais.
Et je me remets à manger.
Lorsque je relève les yeux je vois la jeune fille car c’est une jeune fille qui part vers la Part Dieu à coups de pédales énergiques, elle sourit le vent de la vitesse lui va bien. Je regarde à nouveau le Japonais, oui maintenant je suis sûr qu’il est japonais.Il joint ses mains entre lesquelles j’aperçois sa carte de crédit, il incline la tête en avant…
Il a sorti le vélo de son verrou, mis des journaux et des revues dans le panier situé sur la roue avant. Il penche le vélo pour poser le pied sur la pédale droite, en même temps que le vélo se redresse ; il s’assoie sur la selle et ça roule, manifestement il sait faire du vélo. Il est bien assis sur la selle, mais ses pieds ne touchent pas les pédales. Arrêter le vélo manque de le faire tomber il se rattrape tant bien que mal. Heureusement il n’y a pas de circulation.
Maintenant il regarde la selle, je pense qu’il doit y avoir quelque chose de cassé et que l’on ne peut pas la régler, il tourne la tête a droite et a gauche, il est très seul. Il regarde le verrou d’où il a dû tirer le vélo. Se  gratte  la tête. Recommence a essayer de régler sa selle car il a des doutes, il ne peut envisager que ce soit cassé.
Il pose le vélo contre la barrière, regarde les autres vélos en stock, manifestement il y en a qui seraient à sa hauteur, et manifestement il a pris le seul qui n’était pas en état. Il s’appuie sur la borne met ses mains dans ses poches, reste quelques minutes, je pense, à réfléchir. Soudain Il se redresse, dans un geste énergique il redresse aussi le vélo empoigne le guidon à deux mains, pose son pied droit sur la pédale gauche et il part se servant du vélo comme d’une patinette.
Et il va vite, jusqu’où je ne sais pas. Et je ne sais pas ce qu’il est devenu. Je voudrais bien qu’il ait revu la jeune fille.
Bon avec tout ça j’ai fini mes pâtes.

20 NOVEMBRE 2013 \CHRISTINE RABOURDIN \ LYON \ Témoignage _ Inspiration du moment 
Temps en suspension, curiosité, enthousiasme, excitation : le temps des désirs.
Temps en l’air, dans l’air du temps, hors du temps. Temps imaginaires où circulent les idées. Temps des impressions au rythme des sensibilités. 
Voilà l’idée lancée. En l’air, elle est attrapée. Tous rassemblés, nous la saisissons. Qu’un mouvement l’anime, qu’un geste la capte, qu’un regard l’imprime. 
Puis c’est l’entreprise d’une recherche : des pas dans la ville aux lieux insolites, une déambulation singulière avide d’étonnements. Des arrêts sur image pour en modeler l’instant. Etre à l’affût de l’instant, être en éveil sur l’instant.
Surprendre les moments, celui qui interroge, celui qui balbutie, celui qui étonne jusqu’à celui qui vibre. Résonnance d’émotions, réminiscence de sensations, une quête de perceptions. Un début d’aventure, le départ d’une histoire écrite pour le « Journal d’un seul Jour ». 
A très bientôt pour la suite …..
Christine RAB
18 NOVEMBRE 2013 \ MARIE JO SAURY \ LYON
Lundi 18 novembre, 18 personnes réunies pour un « Journal d’un jour »
Diversité des parcours : l’un vient de l’urbanisme, l’autre de la danse, du théâtre, des études, de l’art de la rue, de l’écriture, de la musique

Avec toute cette richesse multiple naîtra une nouvelle création unique, chacun est partant, dans le désir de faire et la confiance donnée à l’équipe qui sollicite, propose et dynamise.

OK, on va voir, on va faire, on va donner, on va créer. A tout bientôt !

Marie-Jo

18 NOVEMBRE 2013 \ CHRISTINE \ LYON

Lundi 21 octobre, je retrouve deux copines à Lyon, pour une journée balade-papotage-restau ….  Joseph (le fils de l’une des deux)  fait un stage à la cordée, un lieu de « coworking » Place Carnot ; comme on se promène par là, il vient prendre le soleil avec nous cinq minutes et  on discute un peu ( la dernière fois que je l’ai vu il avait cinq ou six ans..) Des familles entières de sans abris sont sur la place,  les enfants jouent, les parents discutent au milieu de sacs en plastique, vieilles poussettes, caddies de supermarché … Joseph nous explique que son lieu de travail a pignon sur rue, et des vitrines style miroir : du dedans on voit la rue, mais de la rue on ne voit pas l’intérieur. Les roms entassés sous l’autopont du quai de Saône viennent chaque matin se faire beaux ici : il y a des hommes qui se peignent ou qui  vérifient que leur chemise est bien rentrée dans leur pantalon, des femmes qui se recoiffent ou regardent leurs dents, leurs yeux, leurs lèvres de tout près. Joseph dit qu’à  l’intérieur, même en plein travail, c’est impossible de ne pas regarder  ces gestes normalement intimes. Impossible de ne pas voir cet autre nous même dont la non-vie est exposée.

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9 réflexions sur “Appel à dons poétiques

  1. Florence dit :

    Et « splash »!
    Un petit garçon vient de sauter à pieds joints dans un belle grande flaque d’eau! Il tenait la main de sa mère, heureusement car cela lui a permis de rester debout au moment de l’atterrissage! Sur la plus grande place piétonne de Lyon après un début de journée très très humide et sous un rayon de ciel bleu automnal… il avait le sourire jusqu’aux oreilles d’avoir si bien réussi son saut!

  2. Emmanuelle dit :

    j’habite une petite rue,dans le quatrième arrondissement, on dirait une rue piétonne, les gens se connaissent, certains depuis de nombreuses années …
    Pour les soixante ans de Viviane, nous nous sommes concertés et avons choisi de lui faire une surprise.
    Nous étions nombreux.
    Dans un jardin, un bel olivier, symbole d’amitié et de la paix, l’attendait.
    Il était éclairé par des spots et sur les branches une multitude de petits poèmes de toutes les couleurs étaient accrochés avec des rubans au milieu des olives vertes.
    Il a fallu mettre l’arbre sur un chariot et nous avons tous redescendu la rue.
    Le froid était glacial cette année pour le 11 novembre , nous étions serrés les uns à coté des autres, l’émotion était là.
    Emmanuelle

    • Anonyme dit :

      Mais qu’est devenu l’olivier de Viviane après qu’il eut été débarrassé de ses poèmes?.
      Est il reparti vers le soleil ou attend-il d’autres poêtes dans quelques lieux secrets ou naîtrait l’envie de faire plaisir?
      Daniel

  3. Julia dit :

    Vos premiers cadeaux aux spectateurs sont tombés dans l’eau.
    Mais ils ne sont pas tombés à l’eau, grâce au studio des Hérideaux..

  4. chloé dit :

    Un don poétique en musique : le titre est The Homeless Wanderer (en français : Le sans abris vagabond) et l’artiste Tsegue-Maryam Guebrou. Sur Deezer vous pouvez l’écouter sur cette page : http://www.deezer.com/album/42876
    Bonne écoute 😉

  5. Anonyme dit :

    UN TEMPS POUR CHANGER LE REGARD DANS UN MILIEU PUBLIC

    Dans le tramway, la rencontre a lieu, il est étonné. Ses yeux dubitatifs au début, expriment ensuite une perplexité par cette intrusion. Puis, un jeune homme est intrigué par cet échange visuel, il s’interroge. Une jeune fille accepte la rencontre, ses yeux sourient. Pour quelques-uns, dans leurs yeux clignotent des points d’interrogation et pour d’autres, s’éclairent des points de suspension. Certains, casques sur les oreilles sont inaccessibles, d’autres ont le nez sur leur téléphone, alors … !!! Communication suspendue, conversation visuelle abolie. C’est une affaire entendue pour ces habitués du transport urbain : circulez, il n’y a rien à voir.
    Puis le tram stoppe, l’immobilisation se prolonge : c’est la panne. Tout le groupe descend et part en direction de la gare de la Part-Dieu. Quelques pas, puis sur le côté, à proximité d’un autre tram à l’arrêt, une jeune femme accroupie, recroquevillée : elle ne se sent pas bien. Elle est claustrophobe, me dit-elle. Elle est oppressée. Je l’invite à respirer profondément. Elle se lève le corps tremblant, en état de panique. Inspirer l’air, même froid de ce soir et, expirer doucement les tensions. Puis, ça va, elle va mieux et, d’un premier regard paniqué, peu à peu il s’apaise.
    La marche continue, un couple à une table haute d’un bistrot fume leurs cigarettes dehors. L’air est froid pourtant !! Tous les deux sont dans leur sphère. Pas d’accroche possible, leurs regards sont l’un pour l’autre. Puis, nous arrivons à la gare. Le couple vêtu de vestes rouges part en exploration. Le groupe se disperse et le suit à travers la gare.
    Le couple croise, frôle un homme. Ce rasta s’est réfugié dans son monde artificiel. Un homme et une femme l’effleure et il n’est pas stupéfié !!! Puis, ce jeune homme intrigué par le regard de cette femme assise à côté de lui, s’étonne. Il évite ce regard avant de le rechercher, d’en capter la signification. Et, tous ces yeux tournés vers le tableau d’affichage décrochent pour s’orienter vers ce couple habillé de rouge, immobile, face à eux. Un moment énigmatique pour tous ces regards interrogatifs. Certains suivent ce couple, ils l’examinent, ils portent un regard perplexe. C’est un questionnement : que se passe-t-il ? La vision de ce couple les interpelle : une énigme en suspend !!! Et, avec nos appareils photos, nous intriguons. Il y a du suspens dans l’air. Une mère et sa fille nous démasque, nous sommes repérés. Ce voyage insolite se termine, nous sortons de ce lieu d’échanges en ce mercredi 27 novembre.

    Christine RAB

  6. tom binet dit :

    Nous sommes ,
    Et libre soit cette infortune.

    Tom.

  7. Christine RAB dit :

    LE TEMPS DES ECHANGES

    Dans ce carrefour des échanges qu’est une gare, des temps d’errance se perçoivent. Un homme fait des allées et venues. Il tient dans les mains une pancarte : PHILIPS avec le nom d’une personne inscrit dessous. Il fait les cent pas, de droite à gauche et d’est en ouest. Une personne vagabonde est en errance dans ce lieu. Ils ne se sont pas trouvés. Visiblement, sa mission de ralliement a échoué. Ils ne se sont pas rencontrés. Son agitation indique le degré d’inquiétude. Trop d’animation, trop d’affairement. Figez-le dans une attitude placide. Une immobilisation dans une pose statique est recommandée. Un tour de passe-passe pour connecter de mutuelles attentes. Donnons-lui cette aptitude à la patience. Ils se verront sûrement, ils se reconnaîtront inévitablement. Un regard croisé les réunira, peut-être …. !!

    Le voyage se prolonge en direction du studio. Le foyer est un lieu propice au tête à tête. Cette pièce de la Compagnie Acte est une zone de libres échanges. Nous avons beaucoup à dire et tant d’observations à partager. Nos constatations respectives sont foisonnantes avec l’envie de les défricher ensemble. En cet endroit se tisse de belles rencontres dans l’attente de les renouveler en d’autres occasions avec le désir de rapprochement pour témoigner de notre engagement.

    Et, l’exploration se poursuit. Tout le groupe, dans cette nuit du 5 décembre 2013, rejoint les danseurs. Dans la rue, la musique en appui, ils sont contre un mur. Ce soubassement leur sert à s’étudier, à prospecter. Ils se confrontent à cette surface et s’en servent de soutien. Adosser l’un contre l’autre, ils se supportent pour s’arc-bouter sur cette façade. Ils recherchent un équilibre, ils osent s’élever. L’un se hisse sur l’autre pour gravir l’obstacle dans une acrobatie périlleuse. Puis, le revirement, ils s’échappent, ils s’éloignent. Des poubelles sont sur le passage, elles sont culbutées. Un fracas s’ensuit. Ce tapage est couvert par le passage d’une voiture. En deux temps, le conducteur s’étonne. Un coup de frein pour éviter cette poubelle basculée dans le caniveau. Puis, presque à l’arrêt pour observer ce duo insolite dans cette rue calme. Il a ralenti, il a inspecté et il est reparti. Le trajet de ce véhicule a marqué le rythme d’un témoignage. Un mouvement manifeste d’un trouble apparent. Cet événement singulier est perçu comme inhabituel.

    Christine RAB

  8. Christine RAB dit :

    DANS LA STATION DE TRAM le 7 décembre 2013

    A la station de tram, une petite fille est avec sa maman. Elle a délaissé la poussette pour observer autour d’elle. Fascinée par une grande affiche où sont représentés des paquets enrubannés, elle s’approche. Et, elle improvise un spectacle.

    Dans ses petites mains, elle prend ces paquets imaginaires. Puis, ses doigts serrés en forme de coupe, doucement elle s’approche de sa maman. Avec délicatesse, elle tend ses mains pleines de cadeaux fictifs. Sa mère regarde et ne réagit pas. La petite fille par dépit baisse les bras, ses mains claquent sur ses cuisses. Ce bruit marque sa déception. Toute sa tendresse était là, à portée de mains.

    Mais déjà, sa mère monte dans le tram, la fillette la suit. Ce départ marque l’embarquement d’une désaffection ignorant l’expression de cet attachement. Toutes les deux réunies dans cette rame, pourtant un moment attendrissant les sépare. Sur le quai, cette petite fille a déposé un cadeau à partant. L’avez-vous vu ?

    Puis, un complice de notre groupe s’insinue avec les personnes montant dans le tram. Il s’agglutine aux autres, il se mêle à eux. C’est un essaim dans lequel il se laisse empêtrer. Cette grappe empêche les gens de descendre. Cet enchevêtrement le presse. Il est comprimé. Puis avant la fermeture des portes, il doit se faufiler pour s’en extraire au dernier moment. Et autre expérience, derrière un groupe prêt à monter dans la rame, le voilà, notre complice hésitant. Il cherche à entrer puis change d’avis, il s’infiltre par une autre porte et recule. Finalement, il ne montera jamais dans le tram.

    Dans sa cabine, le conducteur dodeline de la tête agacé par le comportement de ce passager indécis. Cette conduite fluctuante l’irrite et ses gestes en témoignent. Un brin irrité, son jeu de mains indique son degré d’impatience. Un olibrius tergiverse sur le quai, il ne peut démarrer. Ses bras moulinent l’air de la cabine, il doit quitter la station. Le temps presse, il y a urgence à rouler. Il ne peut s’attarder, il a une cohorte urbaine à emporter.

    Dans votre belle machine, monsieur vous avez été le témoin d’une situation falsifiée avec usurpation d’identité. Ce jeune homme est l’interprète d’une opportunité artistique. C’est un regrettable état de fait indépendant de votre volonté. Chers usagers des transports en commun, veuillez excusez la gêne passagère occasionnée.

    Christine RAB

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